Glossary from : Gardes to Première édition

G

Gardes
Feuillets de papier, généralement blanc, parfois décoré, placés ou collés en tête et en fin d’un volume pour assurer la liaison entre la couverture (ou la reliure) et le corps de l’ouvrage. Dans des exemplaires luxueux, le relieur peut également utiliser des matériaux précieux (peau, étoffes, etc.) pour les gardes.

Grands papiers
De tout temps, les éditeurs ont voulu distinguer des exemplaires de luxe : à l’origine, avec de plus grands formats, d’où l’appellation « grands papiers ». Avec aussi des tirages restreints et numérotés, imprimés sur des matières nobles (peau de vélin et papier de Hollande pour les livres anciens, papier de Chine, du Japon et aussi papier de Hollande plus tard). Ces « grands papiers » sont aussi appelés « exemplaires de tête » ou « tirages de tête ». Étant beaucoup plus rares et en nombre restreint, ils sont recherchés.

Gravure originale
L’élément imprimant (cuivre, acier, zinc, pierre, bois) doit avoir été dessiné et gravé de la main même de l’artiste. Le nombre des épreuves est d’ordinaire indiqué. Lorsqu’elles sont intégrées à un livre, « la justification » du tirage se trouve à la fin de l’ouvrage. Ce tirage est, en général, exécuté par des artisans hautement qualifiés d’après le « bon à tirer », ou épreuve définitive, approuvé par l’artiste. Voir aussi « estampe » et « taille-douce ».

H

Hors-texte
Illustration imprimée, indépendamment du texte, et insérée par la suite, par le brocheur ou le relieur. Elle peut comporter une légende. Si elle es imprimée avec le texte, elle est dite « in texte ».

I

Incunable
« Incunabulum » = berceau. Un ouvrage datant des débuts de l’imprimerie, paru avant la fin de l’année 1500.

J

Justification
Largeur de l’impression typographique.

Justification de tirage
Elle apparaît au XVIIIe siècle. Placée au début ou à la fin d’un volume, c’est l’indication donnée par l’éditeur du tirage d’une édition, spécifiant les différents types d’exemplaires publiés et de papiers utilisés.

L

Libelle
Écrit court et polémique.

Libraire
À l’origine, imprimeur, éditeur et libraire ne faisaient qu’un. Aujourd’hui, l’appellation ne concerne plus que celui qui vend des livres. Qu’est-ce qu’un « bon libraire » ?
Voir la rubrique « Syndicat national de la Librairie Ancienne et moderne ».

Librairie ancienne
Cette dénomination apparaît en 1804 pour la distinguer de la librairie « nouvelle« . Dans la librairie ancienne se vendaient les livres imprimés avant 1801 et les livres d’occasion, alors que la librairie nouvelle se consacrait aux nouveautés. On dénombrait alors à Paris plus de librairies anciennes que de librairies vendant du neuf. Aujourd’hui, c’est le contraire.

Librairie ancienne et moderne
Elle se consacre aux livres et documents anciens, d’hier jusqu’à nos jours, et aux livres récents épuisés, par opposition à la « librairie » sans appellation particulière, dont le domaine est le livre neuf et disponible chez les éditeurs.

Lithographie
Mise au point au début du XIXe siècle. L’élément imprimant est une pierre calcaire sur laquelle l’artiste dessine au crayon ou à l’encre grasse. La pierre et le papier passent ensuite sous la presse. Voir aussi « estampe ».

Livre ancien
Par convention, un livre imprimé avant 1800.

Livre de peintre
Il unit auteurs et artistes peintres, et par ce terme on désigne généralement les livres illustrés de gravures originales par de grands artistes, tels que Delacroix, Manet, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Ernst, Dali, Picasso, Derain... Ils sont le plus souvent à tirage restreint et sur papier de luxe. On a aujourd’hui tendance à designer par « livre d’artiste » un ouvrage entièrement conçu et réalisé par le peintre. Le débat reste cependant ouvert.

Livre moderne
Par convention, un livre imprimé à partir de la fin du XIXe siècle.

Livre-objet
Création plastique dont le livre n’est qu’un des éléments. Il a fait son apparition dans les années 1950.

Livre romantique
Par convention, un livre imprimé autour des années 1810/1820 et jusque vers 1860/1880.

Livre truffé
Livre dans lequel on a incorporé des documents : portraits, dessins originaux, états intermédiaires de gravure, prières d’insérer, lettres, etc. Par exemple : une édition originale d’Hernani dans laquelle on a ajouté une lettre de Victor Hugo.

M

Manchette

Texte écrit ou imprimé en marge d’une page et résumant le contenu d’un chapitre ou d’un paragraphe.

Mercator (1595)
Première utilisation du mot Atlas
dans le titre d’un livre

Mercator (1595) Première utilisation du mot Atlas dans le titre d’un livre

Manuscrit
Texte écrit à la main. S’il est de la main même de l’auteur, il est dit « manuscrit autographe ». Il peut être enluminé. Voir aussi « autographe » et « enluminure ».

Miniature
Voir « enluminure ».

Minuscule
Livre de très petit format, ne dépassant pas, en principe, 70 millimètres de hauteur.

Miscellanées
« Recueil d’écrits divers, du latin miscellanea, choses mêlées » (Le Robert Historique).

 

P    

Papier
La qualité du papier est un élément décisif de l’effet d’une typographie et d’une gravure, d’où son importance pour les amateurs. La matière première (souvent des chiffons) doit être mise en charpie et subir un pourrissage avant d’être réduite en pâte par les maillets du moulin.

· Le papier de Chine provient de l’écorce de bambou. Il est très fin, légèrement gris. Certains estiment qu’il rend comme nul autre toutes les nuances de la gravure.
· Le papier de Hollande était à l’origine un papier vergé, d’excellente qualité et fabriqué en Hollande. Au XXe siècle, il existe aussi un papier vélin de Hollande.
· Le papier du Japon est fabriqué avec l’écorce du mûrier ou d’autres végétaux japonais. Il est très apprécié. Il existe en trois qualités (japon ancien, japon impérial et japon nacré) qui offrent des tonalités différentes.
· Le papier de Madagascar est issu de végétaux cultivés dans cette île. Il ressemble au japon et il est moins coûteux.
· Le papier vergé : son nom provient des traces (vergeures) laissées en filigrane lors de sa fabrication.
· Le papier vélin inventé par Baskerville en 1750, très lisse et sans vergeure, permet un bien meilleur tirage des textes et des gravures.
· Les « Arches », « Lafuma », « Rives », « Montval », « Auvergne », papiers de qualité, doivent leur nom aux moulins à papier qui les fabriquaient.

Photographie
Elle intervient à plusieurs titres. La photographie originale a d’abord été collée, dans le livre, comme moyen d’illustration, dès avant 1850 (exemple Égypte, Nubie, Palestine et Syrie de Maxime Du Camp et Flaubert, en 1852).
La photographie a été ensuite traduite par différents procédés (notamment héliogravure et phototypie). Après avoir connu une grande faveur avec le Surréalisme, elle est devenue une partie importante de la bibliophilie contemporaine.

Planche
Illustration hors-texte, quel que soit le procédé d’impression.

Plaquette
Brochure de quelques pages. Voir aussi « brochure ».

Pochoir
Procédé manuel de mise en couleurs. Le coloriage se fait à travers une fenêtre en carton, zinc, cuivre ou aluminium, découpée selon les contours de la couleur choisie. Les couleurs sont passées au pinceau ou à l’aide d’une brosse, les unes après les autres ou par superposition.

Préfaçon
Édition sauvage d’un texte, parue avant l’édition originale préparée par l’auteur. Elle était fabriquée généralement en Belgique au XIXe siècle à partir de textes ou feuilletons parus dans des périodiques (édition pré-originale).

Première édition
C’est la première édition dans l’ordre chronologique. Ce n’est pas nécessairement l’édition originale, si elle n’a pas été effectuée sous le contrôle de l’auteur. Voir « édition originale ». Dans le cas d’une traduction, on dira « première édition française ».

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