Back to list

Tell a friend

Rencontre avec Jean-Baptiste Baronian, éditeur, romancier, essayiste...et bibliophile

Jérôme Godon : Depuis près de trente ans, vous rédigez une rubrique de bibliophilie au Magazine littéraire. Quels sont vos critères pour traiter d’un thème ?

Jean-Baptiste Baronian : Dans la mesure du possible, j’essaie de coller à l’actualité. Je choisis mon thème tantôt parce qu’il y a la célébration d’un annive r s a i re, par exemple celui de la naissance ou de la mort d’un auteur, tantôt parce que se déroule une importante exposition quelque part en France, tantôt encore parce qu’un ouvrage se rapportant de près ou de loin à la bibliophilie vient de paraître. Je suis également sensible aux catalogues des libraires, surtout lorsque ces catalogues abordent un sujet précis ou rendent hommage à un écrivain .

J. G. : Dans vo t re dernier livre, Une bibliothèque excentrique (Le Temps qu’il fait, 2004), vous analysez trente- trois ouvrages curieux, la plupart inconnus ou méconnus. D’où vous vient ce goût pour les oubliés et les dédaignés comme aurait dit Monselet ?

J.-B. B. : Cela tient, je crois, à mon tempérament un tantinet rebelle. Je n’ai jamais aimé qu’on me dicte ce qu’il faut faire et ne pas faire, donc ce qu’il convient de lire ou de pro s c r i re, le film qu’il faut absolument voir, au risque de passer pour un idiot. Je me suis toujours méfié des manuels officiels de littérature où on distribue, souvent à la légère, des bons ou des mauvais points. Et puis, en étudiant de près les littératures dites de genre comme le fantastique ou le policier, j’ai découvert des perles rares. Il n’est pas désagréable de les faire connaître autour de soi.

J. G. : La librairie ancienne et, plus encore, la bouquinerie classique tra versent actuellement une crise assez gra ve. Quel est votre sentiment à ce sujet et quelles en sont pour vous les raisons profondes ?

J.-B. B. : C’est un signe des temps : plus le savoir est répandu, moins on en sait. Néanmoins, je constate que les raisons pour lesquelles on se passionne pour un sujet sont en général insaisissables, pour ne pas dire illogiques et paradoxales . Personnellement, en quarante ans, je n’ai pas réussi à faire un seul bibliophile dans mon entourage. Quel est le déclic pour le devenir ? Je vous avoue que je l’ignore. Mais ce dont je suis sûr, et contrairement à une opinion très répandue, c’est que ce n’est pas une question de sous. C’est surtout une disposition d’esprit.

J. G. : Quels sont vos projets littéraires ?

J.-B. B. : Ils sont nombreux. Je viens de terminer un roman criminel et je publie en janvier 2006 un recueil de neuf nouve lles policières. Depuis peu, je me suis attaché à une biographie de Baudelaire qui paraîtra chez Folio, également en 2006. Et puis j’amasse des notes en vue d’une deuxième « bibliothèque excentrique ».

© La lettre du SLAM, n°15 (novembre 2005)

Published 25 Jan 2011

Top